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A chaque début d’année, à chaque rentrée scolaire, on voit fleurir partout livres, articles et vidéos sur le minimalisme. A les croire, le minimalisme ça change la vie, c’est le chemin du bonheur et ça ne coûte rien.

Et moi, avec ma délicatesse éléphantesque habituelle, j’ai envie de nuancer tout ça.

Parce que je le pratique depuis pas mal d’années maintenant. Parfois par choix, parfois par obligation à force de déménager tous les 3 mois. Si au tout début ça peut faire un bien fou, à la longue ça a aussi ses mauvais côtés.

Alors voici quelques vérités sur le minimalisme qu’on vous cache soigneusement, parce que c’est moins vendeur que les licornes à paillettes sur youtube.

Le minimalisme c’est déprimant :

Voilà, je l’ai dit. Je n’utilise plus de crème, je passe vaguement un peu d’huile végétale. Je ne me maquille quasi jamais, et quand je le fais c’est avec du bio-vegan aussi sexy qu’un jour de pollution atmosphérique à Paris.
Alors, pour mettre les choses dans leur contexte, avant le minimalisme j’avais peut-être 2 gels-douche et 2 produits cheveux dans ma salle de bain (shampoing et masque ou après-shampoing). Quand je vois des salles de bains avec 12 gels-douche, je me dis que là effectivement je ferais une crise d’angoisse le matin rien que pour faire un choix.
Bref, je suis maintenant passée à un seul produit pour tout, cheveux-corps-visage. Un gros bidon de gel douche bio Centifolia que je traîne depuis des années. Qui sent pas grand chose. Qui vend pas du rêve. Et qui est tout à fait déprimant à 6h du matin quand tu claques de froid dans ta salle de bain. Certes, ça fait des économies. Certes, je peux lui ajouter des huiles végétales pour le customiser. Mais au bout de plusieurs années avec le même produit, c’est psychologique, on se met à rêver de bubulles parfumées industrielles. De temps en temps je craque, j’en achète, je fais une méga allergie et je déprime encore plus. J’ai en stock des tensio-actifs pour faire ma propre base lavante quand j’aurai fini mon bidon, mais presque je culpabilise de les avoir.
Ce qui m’amène au point suivant :

Le minimalisme, ça fait culpabiliser :

Dès que tu as quelque chose, tu te mets à culpabiliser de l’avoir. Tu te dis que c’est inutile, que c’est en trop. Finie la notion de plaisir. Tu remets tout en question tout le temps. Et quand on culpabilise, on craque. Et quand on craque, c’est en général sur des choses inutiles. Et quand on craque sur de mignonnes pelotes de laine auto-rayantes, on culpabilise en se disant que ce n’est pas vital.

Conclusion :

Bref, il faut équilibrer les choses. Exactement comme pour un régime, si on décide du jour au lendemain de passer du régime Chips-Pizza aux haricots verts bouillis, ça va provoquer un rebond, de la frustration et de la culpabilité. Ce qui, je ne vous apprend rien, ne sert strictement à rien. (Mesdames Frustration et Culpabilité sont attendues à la poubelle, merci).

Je pense que quand on est débordé chez soi, que notre accumulation nous étouffe, c’est bon de ranger un peu. Tranquillement, sans stress, sans vouloir un appart tout blanc tout vide ad vitam aeternam comme les gourous youtube.

C’est bon de prendre le temps, parfois, de regarder sa vie en face et de voir ce qu’on souhaite garder, ce qui nous rappelle de bons souvenirs, apprendre à se défaire des mauvais souvenirs.

C’est économique le minimalisme, et c’est certain que je n’arriverai pas à avoir sérum-crème de jour-lotion-crème de nuit-crème corps-crème pied-crème mains tout ça tout ça. Mon porte-monnaie fait un malaise rien que d’y penser. Mais d’un autre côté, depuis que je ne prends plus vraiment soin de moi, j’ai perdu toute confiance en moi et je me trouve moche tout le temps.

Mais il ne faut pas pousser les choses à l’extrême et vouloir être parfait. Si avoir 40 palettes de fards à paupières que vous n’utilisez jamais vous rends heureuse, pourquoi pas ? Si vous vous sentez mieux en collectionnant les pelotes, ça ne fait de mal à personne.

Et tant pis si le minimalisme n’est pas pour vous. Ca n’a aucune espèce d’importance.

La seule chose qui compte, c’est de trouver son équilibre.  Poil aux fibres.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous testé le minimalisme ? Combien de temps ? 

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