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Et de l’autre côté de l’écran, c’est comment la vie d’une blogueuse?
4h30 : réveil en sursaut par une série de convulsions
4h45 : constater que je suis totalement paralysée et que je suis en train de perdre ma lutte pour rester consciente. Admirer le plafond.
11h réveil, tentative de remuage des orteils. Si ça bouge, danse de la joie interne et sortie du lit. Sinon, c’est reparti pour l’etape precedente
11h30 petit dejeuner, avec tellement de vertiges et de nausées que je pourrais être sur un bateau
12h douche si mon corps le permet, et habillage, ce qui peut prendre un certain temps quand la loi de la gravité joue contre toi.
13h30 songer au repas de midi
15h30 terminer de nettoyer le bronx apocalyptique de la cuisine. C’est ça de lâcher tout ce que tu tiens.
Eventuellement, rédiger un article si le cerveau fonctionne, ou, miracle, aller remplir le frigo : il faut alors s’armer de lunettes de soleil, de bouchons d’oreilles, et faire au plus vite pour pas convulser en plein supermarché. Autant dire que j’ai zappé l’option pomponnage.
19h diner, surtout pour avaler mes jolis medicaments.
20h au lit avec bon roman policier victorien et un massage des pieds avec une creme hydratante maison.
Constater que ma colonne vertebrale vibre comme le sol à concert de métal et fermer les yeux, jusqu’au lendemain.

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Alors voilà, quand on me demande ce que je fais de mes journées, je ne sais pas quoi répondre.
Quand on me demande pourquoi je suis toujours célibataire, je n’ai pas le courage d’entrer dans les détails.
Quand on me demande pourquoi je ne travaille plus, je ne sais pas comment expliquer que parfois, vivre avec le handicap, c’est avant tout survivre.

Alors non, je ne peux pas avoir d’enfants ou d’animaux, je ne sors pas le soir, je n’ai rien d’intéressant à raconter en société.

Mais si je peux monter l’escalier, crois-moi, c’est la joie.

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