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Aujourd’hui,  My Beauty Quebec nous propose un défi du lundi sur notre rapport avec les compositions des produits cosmétiques que nous achetons.

C’est un sujet passionnant pour moi, car lire des étiquettes, ça a été une bonne partie de mon ancien boulot de maquilleuse. M’étant spécialisée en effets spéciaux, il était vital de savoir déchiffrer les compositions des colles et autres matériaux gluants importés souvent des Etats-Unis pour en déduire les potentielles interactions chimiques avec d’autres produits.

C’est à la même époque que j’ai commencé d’une part à développer quantité d’allergies (maladie professionnelle de bien des maquilleuses), et d’autre part à m’intéresser à la cosmétique maison, au bio, aux soins pour les cheveux sans silicones… C’était il y a une dizaine d’années maintenant, et nous avions moins d’informations à disposition.

Bref, qui dit cosmétique maison, dit cure intensive de décryptage d’INCI, le langage universel utilisé pour lister les ingrédients sur les étiquettes d’un produit cosmétique. J’ai la chance de bien le maîtriser, et je me dis qu’il faudrait que ce soit enseigné pour que les consommateurs sachent mieux ce qu’ils achètent.

Je n’achète jamais un produit sans lire l’étiquette, que ce soit en alimentaire ou en cosmétique. Et seule la composition du produit me fait acheter ou reposer le produit. Je ne suis pas du tout sensible au marketing, au packaging, et en lisant l’INCI je sais si le prix est justifié (la plupart du temps, non, soyons honnêtes), le type de texture, la durée de vie du produit.

Etant poly-allergique, clairement m’acheter un produit cosmétique du commerce, c’est compliqué. Il m’est arrivé bien souvent de lire les étiquettes de tous les produits cosmétiques d’un magasin bio et de sortir les mains vides, alors que j’avais besoin d’un produit, mais impossible de trouver quelque chose qui ne soit pas dangereux pour moi (oui, contrairement à ce qu’on nous martèle de nos jours, il y a quantité d’allergènes dans les produits bio.)

Par exemple je fuis comme la peste tout ce qui contient du beurre de karité ou de cacao. Essayez de trouver un baume à lèvres bio sans ces ingrédients ! Résultat je fais moi-même certains produits. Je ne peux pas dire que je cherche certains ingrédients en particulier, je suis plutôt dans une démarche d’éviter les ingrédients auxquels je suis allergique. Mais j’aimerai voir plus de variété dans les compositions, je vois trop souvent passer les mêmes compositions (à quelques agents de textures et parfums près), par des marques qui ont acheté une gamme toute faite au fournisseur au lieu de développer la leur.

Ce qui fait que parfois, je préfère me rabattre sur un produit non bio, mais à la composition non-allergisante pour moi, ce qui n’est pas du tout dans le courant actuel. Pour ce qui est des parabens, je ne m’affole pas. J’essaye de les éviter, mais utilisant peu de cosmétiques au quotidien, depuis longtemps, je sais que l’imprégnation serait de toute façon faible. Et je sais aussi que c’est un conservateur efficace, alors que d’autres peuvent se révéler plus allergisants pour moi et pas forcément aussi efficaces (l’alcool benzylique – nommé Cosgard chez Aroma Zone en est un bon exemple, c’est conjonctivite assurée pour moi à tous les coups s’il est dans une crème visage). Entre Charybde et Scylla, le choix n’est pas toujours facile !

Et j’utilise tellement peu de produits cosmétiques (sans pour autant appartenir à un quelconque mouvement) que je n’ai pas grand chose à vous montrer comme exemples concrets.

Avec l’expérience, j’ai constaté que les produits avec une étiquette qui semble parfaite ne sont pas forcément les plus performants. Pour exemple, ce fard crème de la marque Vegan Faces, utilisable soit-disant comme rouge à lèvres, qui assèche et manque de pigmentation. Et ces rouges à lèvres Boho Green qui sont terriblement asséchants sur les lèvres, ce qui les rends inconfortable à porter. Pour les utiliser, je dois donc tambouiller mon propre mélange en leur ajoutant des ingrédients plus nourrissants pour moi. Pas l’idéal en voyage.

maquillage fard crème bio Vegan faces

Maquillage bio et vegan

Composition Paint face Vegan Faces : organic jojoba oil (huile de jojoba biologique), organic castor oil (huile de ricin biologique, arrêtons les mythes urbains, ce n’est pas de l’huile de castor…), Titanium dioxide (dioxyde de titane, pigment blanc opacifiant), Tin oxide (oxyde d’étain – pigment), Iron oxide (oxyde de fer – pigment), sericite (type de mica – pigment), cosmetic grade rice powder (poudre de riz cosmétique), mica (pigment), triglyceride derived from coconut (agent émollient dérivé d’huile de noix de coco), polyglyceryl oleate (émulsifiant), vegetable folic acid (vitamine B9 d’origine végétale).

Analyse de la composition : On se trouve en présence d’une formule principalement à base de corps gras (huiles de jojoba et de ricin), de pigments, d’agent de texture épaississant (poudre de riz), avec un peu d’émollient pour rendre la formule plus pénétrante, de l’émulsifiant pour stabiliser le tout et de la vitamine B9. Donc aucune surprise à retrouver une texture grasse. Par contre, avec pas moins de 5 ingrédients dans la gamme des pigments, on aurait pu s’attendre à un produit bien pigmenté, et non à une voile de couleur transparent comme ici. Je pense que la poudre de riz participe au côté asséchant, mais comme c’est un produit multi-usage qui s’utilise aussi sur le visage et les yeux, je comprends son utilisation.

maquillage bio boho green rouge à lèvres

Rouges à lèvres bio Boho Green teintes 307 Coquelicot et 309 Figue

Composition rouges à lèvres Boho Green : RICINUS COMMUNIS (CASTOR) SEED OIL* (huile de ricin biologique), ISOSTEARIC ACID (acide gras  avec des propriété s d’émulsifiant et de tensio-actif), MICA (pigment), PRUNUS ARMENIACA (APRICOT) KERNEL EXTRACT (extrait de noyaux d’abricot), EUPHORBIA CERIFERA (CANDELILLA) WAX (cire de candelilla), HYDROGENATED OLIVE OIL STEARYL ESTERs (stabilisateur d’émulsion à base d’huile d’olive hydrogénée), PRUNUS ARMENIACA (APRICOT) KERNEL OIL* (huile d’abricot biologique), CITRUS GRANDIS (GRAPEFRUIT) PEEL OIL* (huile essentielle de pamplemousse), SODIUM RIBOFLAVIN PHOSPHATE (agent d’entretien de la peau), ALUMINA (oxyde d’aluminium – opacifiant et agent abrasif), LIMONENE, LINALOOL (parfums souvent tirés des huiles essentielles.) MAY CONTAIN +/- : CI 77891 (TITANIUM DIOXIDE), CI 77491 (IRON OXIDES), CI 77492 (IRON OXIDES), CI 77499 (IRON OXIDES), CI 77510 (FERRIC FERROCYANIDE), CI 75470 (CARMINE), CI 77007 (ULTRAMARINES), CI 77742 (MANGANESE VIOLET), CI 77288 (CHROMIUM OXIDE GREEN), CI 77289 (CHROMIUM DIOXIDE GREEN) (pigments. On notera la présence possible de carmin, ingrédient non vegan.) (*Ingrédients issus de l’agriculture biologique).

Analyse de la composition : Comme on s’y attend dans un rouge à lèvres, du gras et de la cire en majorité, ainsi que des pigments. On note qu’il y a deux ingrédients en charge de la stabilisation de l’émulsion. Cela peut surprendre car il n’y a pas d’eau à émulsionner, mais la présence d’émulsifiant aide souvent à la bonne dispersion des pigments. Le fait que les huiles végétales choisies n’aient pas un très fort pouvoir nourrissant explique que ces rouges à lèvres soient aussi asséchants. De l’huile d’argan et du beurre d’olive ou de mangue auraient été plus performants, mais ce n’est pas la même gamme de prix, et il s’agit de produits vendus en grande surface, pas d’une gamme de luxe.

Voilà mon pavé sur la question !
Et vous, comment gérez-vous les étiquettes cosmétique ou alimentaire ? Essayez-vous de rattraper des produits qui ne vous satisfont pas ?

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