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Si vous en avez marre d’entendre les « pourquoi » de vos gamins, dites-vous que ça va durer encore longtemps. Récemment, j’ai demandé à ma mère si Graham Greene avait vraiment été un espion, à sa grande confusion (celle de ma mère, pas celle de l’écrivain, quoique, il est pas très très net non plus).

Pour la petite histoire, oui il a bien travaillé dans l’Intelligent Service britannique et Agatha Christie prétend qu’il a tenté de la recruter pour faire de la propagande, ou de la contre-propagande, ou un truc du genre. La papesse du roman policier britannique y fait allusion dans son autobiographie « Come, tell me how you live » (La romancière et l’écrivain), qui raconte ses séjours en Syrie. Livre probablement beaucoup plus intéressant d’un point de vue historique que celui dont je vais parler aujourd’hui.

Première chose, ne jamais croire les quatrièmes de couverture. Mon édition présente ce livre comme « James bond au pays des merveilles ». Disons que là, c’est plus glauque que le pays des merveilles, et niveau action, ça se limite à lever le coude.

Pour résumer l’histoire, nous nous trouvons en présence d’un vendeur d’aspirateur, britannique, installé à Cuba avec une fille adolescente et un ami allemand optimiste. Un jour, il est recruté par l’Intelligence Service, et sa vie devient un petit peu chaotique.

En fait l’idée de base aurait dû donner lieu à un film, mais personne n’en a voulu. Graham Greene a mis longtemps à se décider à écrire Notre agent à La Havane, et il explique lui-même que le résultat a été mal compris. Parce qu’il est des sujets qu’il est difficile de prendre à la légère. Des époques et des pays plus chatouilleux que d’autres.

Alors le livre fourmille de descriptions délicieusement ciselées sur l’ambiance cubaine. On sent presque l’odeur des fleurs et de l’alcool, la fumée des bordels, on croit apercevoir les visages fatigués et figés par la nuit.

Il y a des touches d’humour. C’est indéniablement magistralement bien écrit, mais je n’ai pas réussi à accrocher. Peut-être parce que je me suis rendue compte que je connaissais le passage des aspirateurs presque par coeur (j’ai dû l’étudier en cours, pas possible autrement…), peut-être parce que c’est juste triste en fait.

On devrait rire de la crédulité des agents secrets, mais on se retrouve à avoir pitié d’eux. Pitié des rêves brisés, des mensonges inutiles, des vies détruites pour remplir des petites fiches. On devient notre agent à la Havane quelque part, on finit par continuer l’histoire des personnages, à les croire presque réels, tout en sachant qu’une fois le livre fermé, ils n’existeront plus que sur le papier.

Bref, je ne suis pas sûre que ce soit le bon livre pour entamer l’oeuvre de Graham Greene. C’est le plus connu, mais j’ai hâte d’en lire d’autres pour me faire une meilleure idée.

Et vous, avez-vous lu Graham Greene ?

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