Les enclumes, c’est la loi de Murphy du déménagement.

Tout commence par un banal « tu veux de l’aide ? ». Des petits mots simples, gentils, qui flottent délicatement dans l’air presque printanier.  Et pan sur le bout de ton nez enrhumé, c’est la porte ouverte aux enclumes. Tu les vois, qui s’entassent sur ta liste comme des nains devant une porte de hobbit ?

Alors c’est marrant les enclumes, ça fait les muscles, ça te permet de réciter tous les jurons du Capitaine Haddock, ça améliore la coordination oeil-main en te faisant passer maître dans l’art de bidouiller des trucs avec un tournevis.

Et puis c’est varié.

Bien sûr, il y a les grosses enclumes. Qui se voient comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Tu les mesures du regard, tu te demandes comment c’est rentré et si ça va pouvoir sortir. Tu commences à rédiger mentalement la fiche pour ebay. Eventuellement livré avec lumbago pour faire plus sérieux.

Et puis y a les petites enclumes, celles qui ont l’air bien innocentes sur leurs étagères. Juste un peu vicieuses sur les bords. Tu te dis que ce sera réglé en trois coups de cuillère à pot. Raté. C’est qu’il faut tout éplucher, trier, rentrer dans des bases de données qui plantent au dernier moment. Tu biffes et tu coches et tu barres tes listes interminables. Tu scotches et tu gribouilles des cartons qui soupirent d’aise d’enfin servir à quelque chose.

Et de dessous les enclumes ressortent les souvenirs.

IMG_5459.JPG

Publicités