Est-ce que c’est le printemps qui a réveillé les gros lourds en ruts ?

Toujours est-il que ces dernières semaines, j’ai droit à des réflexions à chaque fois que je met le nez dehors seule.

Et je finis par me demander ce que j’ai fait pour mériter ça.

Je ne me maquille pas.

Je ne porte pas de jupe. Celles qui me connaissent dans la vraie vie savent d’ailleurs que je suis toujours habillée comme un gros sac à patate.

Je ne regarde pas les hommes, je suis myope, je regarde le trottoir.

Je suis pas spécialement bien foutue (je suis plutôt un gros sac à patate. Ce qui me convient bien, dans la mesure où en général ça éloignait les pervers. Mais ça marche plus. zut.)

Je suis même plus blonde. D’ailleurs je sais pas si vous êtes au courant, mais même les filles qui portent le voile se font emmerder, en fait.

Alors quoi ? Juste je suis une femme. Je devrais avoir le droit de me balader en mini-jupe avec une tonne de maquillage, décolorée en blond platine, tout ça, sans me prendre de remarques ou me faire siffler dans la rue.

Juste je suis née avec les mauvais gènes.

Alors oui je suis déprimée quand je me fais siffler. Parce que je n’ai rien fais pour me faire humilier de la sorte.

Oui j’ai du mal à comprendre la différence de traitement lorsqu’un pervers s’attaque à des jeunes garçons dans le métro parisien et que la police enquête rapidement, le trouve sur vidéosurveillance et l’arrête. Tous les jours il y a des gamines mineures qui sont la proie de pervers dans les mêmes circonstances, mais parce que nous sommes des femmes, on nous envoie bouler. « Ho ça va, c’est qu’une main au cul, après tout ».

Parce que nous sommes des femmes, nos culs devraient être à tout le monde alors ?

Une petite version inversée…

Et vous, avez-vous droit à l’invasion du pervers d’été ?

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