Mots-clefs

,


Jour 6 (samedi 17 mai) : Vue sur les autres, vue sur vous-même.

Les tricoteuses que j’admire ? Il y en a tant…

Celles de ma famille, celles que j’ai rencontré au hasard des rencontres tricotesques, celles que je suis sur Ravelry…

Quelque part, j’admire qu’avec les mêmes outils de base, nous soyons capables de chacune créer un objet différent, avec sa propre histoire, sa raison d’être, son futur. Certaines tricotent pour oublier, certaines pour s’ouvrir aux autres. Certaines tricotent pour créer, d’autres pour offrir et réconforter.

Cela me rappelle un peu le maquillage. Si on donne les mêmes outils et produits à 10 maquilleurs différents, on aura 10 utilisations différentes.

Je tricote depuis toute petite, et j’ai toujours eu des réactions adorables autour de moi.

Même quand je tricotai d’horribles écharpes difformes et qui grattaient, ma mère les mettaient fièrement pour aller travailler.

Même quand je ne suis pas ravie de la layette que j’offre, on m’envoie de belles photos des vêtements portés.

Et parfois, j’ai des rencontres inattendues.

Un jour, je tricotais une layette orange et jaune dans le métro, et un vieux punk m’a dit que c’était super, en levant le pouce (et en essayant maladroitement de me parler en en franglais. Je dois vraiment avoir une tête de touriste…).

Une autre fois, je tricotais de la layette rayée blanche et noire dans le métro, et le vieux monsieur en face de moi s’est mis à la fixer, puis à papillonner des yeux et en quelques stations il ronflait béatement.

Combien de fois un petit enfant agité a pointé du doigt mon ouvrage, demandé à sa maman ce que je faisait, et m’a regardé tricoté, comme hypnotisé, calmé, éveillé ?

Le tricot a sa magie propre, et je me sent incroyablement chanceuse de participer à sa remise au goût du jour.

Publicités