Sherlock, ou la découverte du Canon


Quand j’ai découvert les termes de « Canon holmésien », j’ai cru que c’était une blague. Un peu comme le Canon Star Wars, on a eu beau me dire que ce que je lisais n’était pas Canon, rien à cirer. Si ça me plait, je ne vais pas m’empêcher de l’intégrer à mon univers au motif que ça a été déclaré pas canon par quelqu’un d’autre.

le mystère sherlocj J-M Erre
C’est donc en lisant « Le mystère Sherlock » de J-M Erre que je découvrais cette notion. De très sérieux universitaires gravement atteints par leurs études du Canon holmésien se rencontre dans un hôtel en Suisse et c’est parti pour le huis-clôs. Le livre est hilarant, l’intrigue est tordue bien comme il faut, il y a quantité de références croisées aussi bien à l’oeuvre d’Arthur Conan Doyle qu’à celle de Maurice Leblanc par exemple. Je crois que c’est un de mes pastiches préférés de Sherlock Holmes.

baker street
Bien sûr je pourrais également citer la délicieuse bande dessinée de Barral et Veys, « Baker Street« , à se tordre de rire et avec des intrigues bien ficelées. Mention spéciale à Mrs Hudson. Et au parfum de Moriarty. Sans compter Watson et son éléphant.

the exploits of sherlock holmes
Dans les versions un peu plus sérieuses, j’ai beaucoup d’affection pour « The exploits of Sherlock Holmes« , écrit par Adrian Conan Doyle (un des fils d’Arthur Conan Doyle), et par John Dickson Carr, un des plus brillants auteurs de romans policiers de l’époque, et également un des biographes de Conan Doyle. Etant une fan inconditionnelle de Dickson Carr, ce recueil de nouvelles est doublement touchant pour moi, car on pourrait littéralement souligner les passages écrits par Dickson Carr, les fragments d’intrigues, les touches d’argot. Et pourtant, la ressemblance avec l’oeuvre originale est à s’y méprendre. Si ce n’est une sensation différente, une atmosphère plus douillette, une grande tendresse envers Holmes et Watson. Si Sir Arthur Conan Doyle en était venu à détester ces personnages qui l’empêchaient de se consacrer entièrement à la rédaction de ses romans historiques victoriens, son fils et son biographe ont eux repris les personnages avec bienveillance et sans forcer le trait.

Et souvent, c’est là où les diverses reprises de Sherlock Holmes me hérissent. Bien sûr il est plus facile de faire de l’audience avec un personnage caricatural. C’est plus facile de forcer le trait, d’en rajouter des couches et des couches.

Mark Gatiss as Mycroft

C’est peut-être ce qui fait que je n’ai pas réussi à devenir entièrement fan de la série crée par la BBC, intitulée « Sherlock ».

martin freeman as watson

Bon d’abord en voyant que ce serait Martin Freeman qui jouerait Watson, j’ai eu peur.
Martin Freeman, c’est aussi, entre autres, l’interprète de Arthur Dent (traduit en français par Arthur Accroc) dans le film tiré de The Hitch’Hikers’ Guide to the Galaxy. Quiconque aura lu l’oeuvre de Douglas Adams saura l’importance de la robe de chambre. Donc quand j’ai vu la scène d’introduction du premier épisode de Sherlock avec Martin Freeman en robe de chambre, je me suis demandée si l’allusion était voulue ou pas. S’il fallait rire ou pleurer. Bref.

De même pour le personnage de Sherlock, je n’arrive pas à adhérer. Les acteurs principaux font tout ce qu’ils peuvent, les costumes sont bien, le maquillage est moyen, le chef éclairagiste abuse des effets stroboscopiques, et l’alternance des réalisateurs donne une sorte d’irrégularité dans le jeu des acteurs principaux qui est un peu déroutante.
Par contre, ils ont fait un fantastique Mycroft (faut dire que Mark Gatiss devait en rêver depuis longtemps), une adorable Mrs Hudson et un génialissime Moriarty.

Malgré mon manque d’enthousiasme envers les acteurs principaux, je dois dire que l’écriture des épisodes est plutôt intelligente : on peut tout à faire suivre un épisode sans avoir lu l’oeuvre de Conan Doyle, et pour les holmésiens purs et durs, (dont font partie les auteurs), il y a une quantité de références, de pistes, d’indices délicieux.
Bon, au point que le final de la saison 2 est un petit peu facile à démêler pour qui a lu les bouquins avec attention.
C’est même limite gros comme un camion. Avec les plans supplémentaires pour bien insister sur les indices au premier plan et tout.

On verra bien pour la saison 3, en espérant que Martin Freeman et Benedict Cumberbatch soient revenus de la Terre du Milieu sans l’accent néo-zélandais. Quoique, ça pourrait être rafraîchissant dans le décor londonien.

En attendant, je découvre avec stupéfaction qu’il y a bien des holmésiens grade 9 en lisant l’introduction de Peter Haining au recueil de nouvelles d’Arthur Conan Doyle intitulé en français « Une étude en noir« .

En tuant Holmes, Conan Doyle avouait tuer son portefeuille, mais on dirait bien que certains personnages sont éternels.
Pour le meilleur, et pour le pire.

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